Combien y-a-t-il de loups en Isère ?

Selon le dernier comptage 2021-2022 de l'Office Française de la Biodiversité, l'Isère compterait moins de 100 loups, répartis dans une vingtaine de meutes. Cette population de loups serait stable depuis 2013 dans le département. Mais elle augmenterait de manière générale en France, avec un total de 921 loups recensés (contre seulement quelques-uns en 1992).

Par comparaison, les alpages isérois rassemblent chaque été plus de 120 000 ovins, bovins et caprins, répartis en 150 troupeaux environ. Ces animaux sont principalement élevés pour produire de la viande.

Tous les éleveurs bénéficient pour leurs troupeaux de l'aide à la protection de l'État : le financement de clôtures électriques, l'emploi de bergers et de chiens de protection "patou". En 2017, 70 des 150 troupeaux isérois étaient protégés par un total de 250 patous environ.

Combien de bêtes ont-elles été attaquées par des loups en Isère ? Selon la direction départementale des territoires de l'Isère (DDT), le loup aurait fait 48 victimes en 2003, 61 en 2005, 52 en 2007, 56 en 2009, 40 en 2010, 46 en 2012, 57 de janvier à juin 2015, 210 en 2016 (dont 105 à Chichilianne, dans le Trièves), plus de 900 en 2019. Il s'agit ici d'attaques reconnues par l'État et pour lesquelles les éleveurs ont été indemnisés (un exemple des indemnisations : 225 euros par brebis allaitante en 2017).

Ces chiffres officiels sur les attaques des loups font cependant l'objet de vifs débats. L'un des éléments polémiques est le développement probable de loups hybrides, c'est-à-dire issus d'un accouplement entre des chiens et des loups. L'augmentation des "hybrides" en Isère pourrait expliquer le fait que les attaques ont lieu de plus en plus près des habitations, ces hybrides ayant des comportements se rapprochant davantage des chiens errants.

Le nombre de ’’prélèvements’’ officiels en France (loups volontairement tués par des services de l’État ou des auxiliaires pour limiter la population) était fixé à 6 en 2013, 35 en 2015/2016, 40 à 42 en 2016/2017.

Les "tirs de défense", c’est-à-dire le fait de tirer sur des loups surpris en train d’attaquer un troupeau, sont autorisés depuis 2012. Les conditions sont cependant assez strictes : le berger doit avoir subi une attaque, avoir procédé à un effarouchement, être titulaire du permis de chasse et posséder l’autorisation d’un droit de défense auprès des services de l’État.

Le braconnage des loups est par ailleurs certainement pratiqué, en général par des techniques d'empoisonnement.

Rappelons que le loup est une espèce protégée au niveau international par la Convention de Berne de 1979, transcrite dans le droit Français en 1989, puis confirmée en 2007.

Pour en savoir plus sur la biologie du loup et l'évolution des réglementations, nous vous recommandons le site de l'association Férus.

Sources : Dauphiné Libéré, 19/02/2012, 18/08/2013, 01/07/2015, 06/06/2016, 08/07/2017, 22/07/2020, 25/09/22

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