Revue de presse : Les 10 infos marquantes de février

05/02/2024
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Vous ne lisez pas le Dauphiné Libéré, mais les infos marquantes vous intéressent ?

Chaque mois, le média ici Grenoble vous propose la ''Grevue de presse'', une sélection d'infos courtes et percutantes glanées dans la presse locale ou dans nos réseaux.

Au menu de février : l'eau potable de Grenoble menacée, le boum du vélo dans l'agglomération, les explosions dans l'usine Arkéma, les effets du blocage de l'A480 et plein d'autres infos locales.

Bonne lecture !

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LE BOUM DU VÉLO CONTINUE

Selon les 31 compteurs par détection magnétique installés sur des pistes cyclables de l'agglomération, les déplacements à vélo sont toujours plus nombreux : + 9,75 % entre 2022 et 2023. Cinq compteurs enregistrent même plus d'un million de passages en seulement un an : rues Léo-Lagrange, Lafontaine et Lyautey, devant le stade des Alpes et sur la digue de Saint-Martin-d'Hères.

Ce boum du vélo reste cependant relatif. Dans l'agglomération grenobloise, si 10 à 15% des trajets domicile-travail se font désormais en vélo, plus de 50% se font toujours en voiture.

L'inflation va-t-elle bouleverser la donne ? Car rouler à vélo fait gagner beaucoup d'argent. Tous frais compris (achat, carburant ou électricité, assurance, entretien), un kilomètre en voiture coûte au moins 30 centimes d'euros pour les véhicules les plus économiques, 50 centimes en moyenne, et jusqu'à 2 euros pour les gros SUV. Concrètement, rouler 10 kilomètres en vélo pour aller travailler, c'est gagner 5 euros par jour, plus de 1 200 euros par an.

(Dauphiné Libéré, 03/01/24, 02/10/23, 12/10/23)

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DES ROUTES DE PLUS EN PLUS CHÈRES

Plus de 2 150 euros le kilomètre, sans compter le coût du personnel. C'est le prix moyen pour entretenir les routes départementales chaque année, selon l'Observatoire national de la route. Un chiffre en constante augmentation.

En Isère, près d'un milliard d'euros ont été dépensés pour gérer les 4 680 kilomètres de routes en seulement dix ans. Avec la flambée du prix du pétrole et donc du bitume, mais aussi les nombreux éboulements et affaissements de voies liés au désastre climatique, dans combien d'années l'entretien des routes ne sera-t-il plus supportable pour les collectivités locales ?

(Dauphiné Libéré, 14/01/24)

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DES EXPLOSIONS À ARKÉMA

"Cela ne devrait plus arriver". Par cette phrase au conditionnel, le directeur d'Arkema a tenté de rassurer le Conseil municipal de Jarrie, après avoir présenté les conclusions de l'enquête officielle sur les explosions chimiques du 10 novembre 2022.

Ce jour-là, plusieurs détonations et un gros dégagement de fumée avaient secoué l'usine Arkema de Jarrie. Les explosions n'avaient heureusement fait aucune victime. Mais elles avaient révélé des dysfonctionnements dans le système d'alerte à la population.

Quels dysfonctionnements ? L'explosion s'était produite à 8h45, mais la sirène à modulation appelant les habitant-e-s à se confiner d'urgence dans un rayon de 1 100 mètres n'avait été déclenchée qu'à 9h20. Or les services d'urgence de l'usine avaient décrété la fin de l'alerte à 9h10, jugeant qu'il n'y avait pas de risque toxique. Si les fumées avaient été toxiques, que se serait-il passé ?

Par ailleurs, entre 8h45 et 9h20, les habitant-e-s inscrit-e-s sur la liste d'urgence n'avaient reçu ni SMS d'alerte ni info sur leurs téléphones portables. Les inquiétudes étaient fortes.

Au final, quelles étaient les causes de ces explosions ?

Selon l'enquête officielle, un feu d'origine électrique a enflammé une gaine de ventilation reliée à l'atelier de conditionnement du chlorate de sodium, un puissant oxydant pour blanchir le papier. La gaine a transmis le feu à une palette en plastique qui a fondu. Le mélange de chlorate de sodium et de polyéthylène liquide à plus de 400 degrés a provoqué une série d'explosions.

Le directeur d'Arkema assure que le nouvel atelier de conditionnement du chlorate de sodium a été reconstruit avec "toutes les précautions techniques". La coordination des services d'alerte et de secours aurait été améliorée. "Cela ne devrait plus arriver"...

Étant données les incohérences de la plupart des plans d'urgence et les erreurs humaines inévitables, que se passera-t-il si une vraie catastrophe survient sur les Plateformes chimiques de Pont-de-Claix et de Jarrie, ou encore à la centrale nucléaire de la Presqu'île de Grenoble ?

(Dauphiné Libéré, 21/01/24, 27/11/22)

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ARKEMA ET NOTRE EAU POTABLE

Usine Arkema de Jarrie, encore elle...

Près de 85% des habitant-e-s de l'agglomération grenobloise boivent de l'eau issue des nappes phréatiques du Drac et de la Romanche.

Dans ces deux rivières, les usines Arkema et Framatome obtiennent depuis des années l'autorisation préfectorale de déverser des tonnes d'effluents pollués chimiquement. Mercure, perchlorates, plomb, tétrachloroéthylène, benzène, toluène...

Informée récemment de ces rejets, la Régie des eaux de Grenoble avait lancé une étude d'impact avec le BRGM. Les résultats ont montré des "influences" des déversements d'Arkema sur plusieurs champs de captage d'eau potable à proximité et en aval.

Raymond Avrillier, membre du conseil d’exploitation de la Régie des eaux, a saisi la justice administrative, en dénonçant des incohérences dans les arrếtés préfectoraux. Résultat ? Le tribunal administratif de Grenoble vient de valider les arrêtés préfectoraux autorisant Framatome et Arkema à poursuivre leurs déversements massifs dans le Drac et la Romanche.

Pourquoi ces droits à polluer ? Jusqu'à quand la population va-t-elle accepter les menaces sur son eau potable ? Pour en savoir plus, nous vous recommandons l'analyse juridique de l'ADES : En sens interdit !

Rappelons que ce nouveau scandale sur l'eau intervient un an après les révélations choc de l'étude hydrologique de la nappe phréatique sous Grenoble, une eau toxique gavée de solvants chlorés et de pesticides d'origine agricole et industrielle.

(ADES, 26/01/24, 06/01/23)

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LE PRIX DES BUS ET DES TRAMS

66,4 euros au lieu de 16,7 euros par mois. C'est l'augmentation spectaculaire de l'abonnement MTag pour les 20 000 jeunes de 18-24 ans ne bénéficiant d'aucune tarification solidaire. L'abonnement augmente également de 2 euros par mois pour les étudiant-e- et les apprenti-e-s.

En revanche, les tarifs baissent fortement pour les personnes dont le quotient familial est inférieur à 565 euros : l'abonnement ne coûte désormais que 2,5 euros par mois. Et seulement 15,4 euros pour les quotients familiaux inférieurs à 715 euros. Plus de 60 000 habitant-e-s sont concernées dans l'agglo.

Cette évolution des tarifs décidée par le SMMAG soulève de vives polémiques. Pourquoi faire supporter aux jeunes Grenoblois-es la baisse des abonnements aux plus précaires ? Dans un contexte d'urgence climatique, pourquoi décourager les 18-24 ans d'utiliser les transports en commun, avec des augmentations tarifaires si brutales ?

Face à de telles incohérences, le Collectif pour la gratuité des transports dans l'agglomération grenobloise rappelle une solution simple et efficace : rendre les bus et les trams gratuits pour tou-te-s.

Oui mais comment ? Qui financera la gratuité ? Comment Dunkerque, Montpellier et Clermont ont-elles réussi à le faire ? Pour en savoir plus, nous vous recommandons un Mémento réalisé par le Collectif pour la gratuité, ou la captation de leur récente réunion publique à Grenoble.

(Dauphiné Libéré, 01/02/24 ; ADES, 01/02/24, 24/11/23)

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LA FIN DES GLACIERS... ET APRÈS ?

Les glaciers des Alpes fondent plus vite que prévu. Une nouvelle étude de chercheurs grenoblois et suisses révèle que les glaciers alpins perdont deux tiers de leur volume d'ici 2050 si le réchauffement climatique se poursuit à ce rythme. Et un tiers de leur volume même si nous cessions toute émission de carbone dès maintenant. Les chercheurs alertent sur les graves conséquences hydrologiques de la fin des glaciers, surtout l'été.

Et dans 50 ans ? Ou dans 100 ans ? Toute personne qui se penche sérieusement sur le désastre climatique en cours ne peut qu'être saisi d'effroi. Les Alpes seront-elles encore vivables pour les enfants des enfants de nos enfants ?

Il y a 5 ans, quand le média ici Grenoble relayait les scénarios climatiques terrifiants prévus en Isère, nous recevions de nombreux messages nous accusant d'être catastrophistes. 5 ans plus tard, tout empire. Quand allons-nous organiser un vrai plan d'urgence face au désastre qui vient ?

(Dauphiné Libéré, 25/01/24)

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UNE FACÉTIE DE STOP MICRO

Le collectif Stop Micro vient de réaliser le détournement d'une vidéo de la préfecture de l'Isère et de la Métropole initialement dédiée à la gloire de la "Grelifornie", la Silicon Valley française. Pour découvrir cette critique ludique mais acerbe des industriels de l'électronique, c'est ici.

Rappelons que pour lutter contre l'agrandissement des usines ST et Soitec, le collectif STop Micro organise trois journées de luttes du 5 au 7 avril dans le Grésivaudan, avec une grande manifestation samedi 6 avril à Crolles.

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LES CASSEROLES DE LAURENT WAUQUIEZ

Il se présente comme le garant de l'ordre, de la droiture, du respect des règles... La cellule investigation de Radio France vient de publier une enquête cinglante approfondissant trois affaires mettant en cause Laurent Wauquiez.

Le point commun de ces affaires ? Toutes suspectent Laurent Wauquiez d'utiliser le Conseil régional pour préparer sa candidature en 2027, en recourant à des emplois fictifs, en recrutant un expert en carte électorale payé plus de 10 000 euros bruts par mois, ou en organisant des dîners fastueux à plus de 1 100 euros par invité-e, aux frais du contribuable.

Quels sont les faits ? Quels sont les résultats des premières perquisitions ? Pour découvrir l'enquête, c'est ici.

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LES PERDUS DE L'AGRIPOLY

Comment auraient réagi les CRS si des manifestant-e-s contre la réforme des retraites avaient tenté de bloquer l'A480 ?

Après dix jours d'impunité presque totale, les agriculteurs soutenus par la FNSEA ont obtenu l'impossible : un immense plan de conversion des fermes en bio, l'arrêt des importations massives de soja OGM pour gaver le bétail français, une redistribution des terres pour créer un million d'emplois dans l'agro-écologie, l'interdiction des élevages inten... Hein ? Quoi ? Ah oui, oups, on se trompe : la FNSEA a obtenu l'arrêt du plan Ecophyto 3, une troisième tentative pour réduire l'usage massif des pesticides en France. Youhou.

En Isère, deux chiffres permettent de mieux comprendre pourquoi les luttes agricoles ont pris cette direction réactionnaire :

Premier chiffre : 4 800. C'est le nombre de fermes restantes dans notre département. Elles étaient 6 300 il y a dix ans. 22 600 en 1970. Et probablement 3 500 dans dix ans. Un désastre non seulement systémique, mais aussi pervers : les agriculteurs se "mangent" entre eux. Chaque ferme qui disparaît, c'est d'autres fermes qui s'agrandissent et augmentent leur part de subventions. 

Ce gigantesque Agripoly a été inventé par l'État et la FNSEA il y a 70 ans. Le but ? Créer une agriculture à la botte du capitalisme industriel, avec des fermes toujours plus grosses, toujours plus pesticidées, pétrolisées et subventionnées, des productions faramineuses mais dénutries, une biodiversité saccagée.

Résultat ? Des agro-industriels tout puissants (plus de 40% de marge en moyenne sur l'agro-alimentaire vendu en grandes surfaces), une minorité d'agriculteurs richissimes (20% des agriculteurs captent 80% des subventions), une masse d'agriculteurs transformés en ouvriers dépendants de l'agro-industrie, sommés de produire toujours plus pour toujours moins cher. Que devient cette machine infernale quand le prix du pétrole, des pesticides et des engrais explose ? Un agriculteur se suicide tous les deux ou trois jours, miné par l'endettement, le surmenage ou la perte de sens.

Second chiffre : 670. C'est le petit nombre de fermes bio en Isère. Parmi elles, seules quelques centaines ont rejoint la Confédération paysanne. Comment remporter de grandes victoires avec si peu de troupes ?

Une nouveauté est cependant très intéressante dans cette nouvelle mobilisation agricole : sur les barrages, on entend de plus en plus d'agriculteurs exprimer leur perte de sens, leur sentiment de participer à un système devenu fou, voire remettre en cause la FNSEA. Cette dissonance cognitive est une sacrée lueur d'espoir à laquelle se raccrocher. Car du sens et des propositions pour une agro-écologie populaire, ça ne manque pas !

Pour prendre du recul et comprendre les responsabilités de la FNSEA dans le désastre agricole français, pour réaliser à quel point les pressions brutales des agriculteurs productivistes sur l'État ne sont pas nouvelles, nous vous recommandons l'enquête magistrale de Gilles Luneau : La Forteresse agricole, une histoire de la FNSEA.

Gilles Luneau actualise ses analyses et livre une partie de ses conclusions dans une interview pour Mediapart : La FNSEA a une mentalité d'assiégée.

Nous vous recommandons également :

- l'analyse d'Hervé Kempf : Amis paysans, ne vous trompez pas de cible !

- un portrait d'Arnaud Rousseau, président de la FNSEA : Arnaud Rousseau, "pompier pyromane" à la tête de la FNSEA

(Dauphiné Libéré, 29/01/24, Terre Dauphinoise, 22/03/22)

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QUE FAIRE POUR GAZA ?

Dans le silence médiatique, l'horreur continue. Plus de 20 000 mort-e-s, plus de 100 000 bâtiments détruits, un enfant ou une femme tués toutes les dix minutes selon l'OMS, des souffrances inimaginables.

Si ce massacre se déroulait en France, c'est comme si 700 000 personnes avaient déjà été tuées.

À Grenoble, dix manifestations ont exigé un cessez-le-feu immédiat depuis octobre. Elles ont rassemblé 500 à 3 000 personnes selon les jours. Malheureusement, comme partout en France, les mobilisations ne sont pas assez puissantes.

Pour toutes les personnes qui ont des proches en Israël et en Palestine, pour toutes les personnes éprises de paix, de justice et de démocratie, cette situation est une torture mentale.

Pour crier sa colère, prochaine manifestation samedi 10 février à 14h30 place Félix Poulat.

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Cette revue de presse vous a intéressé ?

Vous trouverez dans la revue de presse de janvier 2024 plein d'infos sur le contenu de l'algorithme secret de la CAF Isère, l'encadrement des loyers dans l'agglo, un système de racket généralisé dans le secteur BTP, les coulisses de ST Micro, une bonne nouvelle pour 2027 et plein d'autres infos locales.

N'hésitez pas à consulter aussi la revue de presse de novembre 2023 sur le lancement de la Donnerie, la fausse bombe dans le réacteur nucléaire de Grenoble, les travaux du 38 rue d'Alembert, le marquis Bruno de Quinsonas-Oudinot, les affaires de Wauquiez et plein d'autres infos.

Nous vous recommandons enfin la revue de presse d'octobre 2023, sur les polémiques autour de l'Assemblée Antiraciste, une école du vélo à Grenoble, une visite-surprise à la prison de Varces, la Chine à l'assaut des forêts du Vercors, les chiffres de l'inceste à Grenoble et plein d'autres infos.