Grevue de presse : Les 10 infos d'octobre
Vous ne lisez pas le Dauphiné Libéré mais les infos marquantes vous intéressent ?
Chaque mois, le média ici Grenoble vous propose la ''grevue de presse'', une sélection d'infos courtes et percutantes glanées dans la presse locale ou dans nos réseaux.
Au menu d'octobre : les transports gratuits à Grenoble, un stage pour montrer que la police "n'est pas raciste", la rue Abbé Pierre débaptisée, 20 000 à 30 000 armes illégales dans l'agglo et plein d'autres infos.
Bonne lecture !
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LES BUS, TRAMS ET VÉLOS GRATUITS
C'était une promesse d'Éric Piolle en 2020, elle se réalise en 2024 : les habitant-e-s de Grenoble dont le quotient familial est inférieur à 715 euros peuvent désormais accéder gratuitement aux transports en commun ou à un abonnement M vélo.
Combien de Grenoblois-es sont concerné-e-s ? Plus de 25% de la population selon le CCAS, soit plus de 40 000 habitant-e-s. Pour financer cette mesure, la ville prévoit 1,5 millions d'euros par an. Un "bouclier social et climatique" rendu possible par la hausse de la taxe foncière, générant 44 millions de recette annuelles supplémentaires.
Concrètement, pour obtenir le remboursement de son abonnement M Réso ou M vélo, il suffit de remplir le formulaire disponible ici.
Cette décision historique va-t-elle booster l'utilisation des transports en commun ? Depuis dix ans, la fréquentation des bus et des trams stagne : seulement 20 à 25% des Grenoblois-es les utilisent, et seulement 10 à 15% des habitant-e-s de l'agglomération.
(Dauphiné Libéré, 03/09/24, 24/09/24)

Bientôt des bus en or ?
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UN FORT BESOIN DE TER
L'utilisation du bus et du tram stagne dans l'agglo, mais pas du train : la fréquentation des TER a augmenté de 20% depuis 2019. Et pourtant, prendre le train est souvent synonyme de galères : retards, trains supprimés, rames bondées... Pourquoi tant de problèmes ?
La Chambre Régionale des Comptes vient d'apporter des réponses dans un rapport accablant sur l'état de notre réseau TER. Manque crucial de matériel roulant, pannes, accidents, équipements à moderniser... Près de 4 milliards d'euros d'investissements seraient nécessaires.
Combien coûte déjà le réseau TER dans notre région ? Plus de 800 millions d'euros par an, financés à 67% par les impôts, à 33% par le prix des billets.
Pour découvrir le rapport de la Chambre Régionale des Comptes, c'est ici.
(Dauphiné Libéré, 06/09/24)

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PLUS DE 10 000 ARMES ILLÉGALES À GRENOBLE ?
Imaginez le choc. Deux voitures se percutent violemment devant vous. Le responsable de l'accident sort de sa voiture et s'apprête à fuir. Choqué-e par ce comportement, vous voulez l'empêcher de partir, vous lui demandez d'attendre les secours. Furieux, l'homme dégaine un pistolet et vous tire dessus.
C'est l'horreur subie par Lilian Dejean, un agent municipal chargé de la propreté, tué par balle le 8 septembre boulevard Jean Pain. Toujours recherché, le meurtrier est un jeune homme de 25 ans récemment sorti de prison.

Lilian Dejean
Les jours suivants ce drame, les déclarations des proches de Lilian Dejean ont été bouleversantes d'humanité, à contre-courant des discours dominants. Son frère, par exemple : "On a une famille qui est détruite, Mais [le meurtrier] va avoir aussi une famille qui est détruite. Il a des parents, peut-être des frères et soeurs, qui sont aussi peinées que nous."
Parmi les nombreuses condamnations passées du tueur : le port d'armes illégales. Ce qui nous donne l'occasion de nous poser cette question : quelle est la probabilité de rencontrer un homme armé à Grenoble ? Combien y-a-t'il d'armes à feu illégales dans notre agglo ?
Selon l'Institut de hautes études internationales et du développement, plus de 7 millions d'armes illégales circuleraient en France, soit 15 000 à 20 000 pistolets et fusils dans l'agglomération grenobloise. Une grande partie de ces armes sont achetées dans des pays de l'Est, puis rapatriées discrètement en France.
Certaines armes circulant sous le manteau sont particulièrement inattendues. Lors d'une perquisition récente à Champagnier, les enquêteurs ont trouvé deux stylo-revolvers.
(Dauphiné Libéré, 12/09/24, 21/09/24 ; France 3 vu, 11/09/24)

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LA GREMORRA S'INTENSIFIE
Le meurtre de Lilian Dejean par un jeune homme déjà condamné pour trafic de stupéfiants s'inscrit dans une atmosphère grenobloise de plus en plus toxique. On compte déjà 24 fusillades liées au narcotrafic depuis le début de l'année. Bilan : 5 morts, des dizaines de blessés. dont plusieurs à la kalachnikov. Dans combien de temps Grenoble connaîtra-t-elle des tueries aussi sanglantes et atroces qu'à Marseille ?
Ici comme là-bas, le profil des guetteurs est de plus en plus jeune : des ados de 15 ou 16 ans, en grande précarité, prêts à tout pour gagner 100 à 200 euros par jour.
Comment inverser la tendance ? Pour tenter de détruire un point de deal rapportant 10 000 à 15 000 euros par jour, la mairie d'Échirolles a décidé l'évacuation et la condamnation du Carrare, un immeuble en plein centre-ville, en face du cinéma. Parmi les armes trouvées lors d'une perquisition : un fusil d'assaut, des gilets pare-balles, un casque lourd militaire.
Un point de deal disparaît, un autre apparaît aussitôt : les enjeux économiques sont énormes. Le commerce de la drogue rapporterait plus de 30 millions d'euros par an dans l'agglomération grenobloise. À lui seul, le point de deal de la place Saint-Bruno générerait 30 000 euros par jour.
Qui se fournit en drogues ? 30 000 à 40 000 habitant-e-s de l'agglomération consommeraient régulièrement du cannabis, 15 000 à 20 000 de la cocaïne ou des drogues de synthèse. Une consommation festive, mais aussi souvent anxiolytique, pour supporter des douleurs, un travail pénible, ou augmenter ses performances au bureau.
Comment empêcher les mafias d'étendre leur empire à Grenoble ? Pour une réflexion de fond sur le marché de la drogue, nous vous recommandons les enquêtes passionnantes de Philippe Pujol sur Marseille et tous les ouvrages de Roberto Saviano.
(Dauphiné Libéré, 22/09/24, 25/09/24, 26/09/24)

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LES ENFANTS À LA RUE
De plus en plus d'enfants n'ont pas de toit à Grenoble. C'est le constat terrible de l'Unicef, qui effectue un comptage chaque année en se basant sur les demandes d'hébergement non pourvu. Résultat ? 141 enfants recensés le 19 août 2024 en Isère. Ils n'étaient que 98 le 1er septembre 2020.
La ville de Grenoble de Grenoble confirme cette évolution. Sur les 2 900 personnes domicilées au CCAS, vivant chez un tiers, en squat, en bidonville, à la rue ou en abri de fortune, 240 étaient des enfants fin 2023.
Officiellement, mettre à l'abri les personnes à la rue est une mission de l'État. Avez-vous déjà essayé d'appeler le 115 ? Face à l'ampleur des besoins, les 1 700 places d'hébergement d'urgence de la Préfecture de l'Isère sont clairement insuffisantes. Pour contribuer à loger des familles, la ville de Grenoble vient de débloquer 350 000 euros pour passer de 240 à 340 places d'hébergement municipal supplémentaires.
(Dauphiné Libéré, 31/08/24, 21/09/24)

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LA FORÊT DU FUTUR ?
C'est une catastrophe pour l'instant peu visible, mais qui affole les spécialistes : la forêt française se meurt, rongée à petit feu par le réchauffement climatique, son lot de nouvelles maladies, de sols trop secs et d'insectes ravageurs.
Pour tenter d'anticiper ce désastre, le groupement des sylviculteurs Vercors Isère vient d'acheter six hectares de forêt près de Villard-de-Lans pour une expérimentation. Le but ? Planter et observer l'évolution d'un maximum d'espèces censées résister aux climats plus arides : sapins de Turquie, épicéas, sorbiers, érables, chênes sessiles, etc.
Les jeunes plants résisteront-ils ? Premières réponses dans 5 ans.
Pour comprendre l'état des forêts françaises, nous vous recommandons les explications passionnantes de Laurent Testot : Nos forêts vont-elles disparaître ?
(Dauphiné Libéré, 25/09/24)
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DES POISSONS, PAS DU POISON
La préfecture régionale vient de publier les résultats d'une série de contrôles surprise sur 296 établissements industriels de la région. Le but ? Vérifier la conformité des rejets dans les cours d'eau ou dans les stations d'épuration. Résultat ? 84% des sites ne respectaient pas les valeurs limite autorisées. 21 sites ont fait l'objet d'une mise en demeure devant l'ampleur des non-conformités,
Ces résultats résonnent avec les récentes révélations fracassantes du collectif StopMicro sur les rejets de polluants éternels de l'usine ST Microelectronics de Crolles dans l'Isère.
Pour découvrir cette enquête : La pollution aux PFAS de l'usine ST
(Dauphiné Libéré, 07/09/24, 18/09/24, 21/09/24, 28/09/24)

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SAUVONS LE RESTAURANT ATYPIK
Depuis 11 ans place Edmond Arnaud, le restaurant associatif Atypik accompagne des jeunes autistes dans leur première expérience professionnelle : cuisiner des plats, servir les client-e-s, prendre soin du lieu, etc.
Comme de nombreux restaurants en France, l'Atypik souffre d'une baisse de fréquentation depuis la crise covid. Pour sauver cette aventure, le restaurant a besoin d'augmenter de 30% le nombre de repas servis d'ici fin décembre.
Venez donc découvrir l'équipe inclusive de l'Atypik et leurs bons petits plats ! Leur service traiteur propose également des mets pour 12 à 300 personnes. Il est enfin possible d'adhérer à l'association Atypik et Compagnie, créée par des parents d'enfants autistes.
Pour découvrir l'Atypik, c'est ici.

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L'ABBÉ PIERRE DÉBAPTISÉ
Les révélations n'en finissent pas sur les nombreuses agressions sexuelles commises par l'Abbé Pierre dès 1950, et les "complicités" ou les "passivités" au sein de l'Église. Au point de se demander : qui, au sein de la hiérarchie catholique, n'était pas au courant ?
Conséquence de toutes ces révélations : la ville de Grenoble va bientôt débaptiser sa rue Abbé Pierre.
(Dauphiné Libéré, 20/09/24)
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LA POLICE N'EST PAS RACISTE ?
Une quinzaine de policiers ont récemment encadré une vingtaine d'élèves du collège olympique de Grenoble pour un stage de trois jours dans le Vercors. Au programme : activités de plein air, self défense, présentation des missions de la police, démonstration de l'usage des menottes, etc. Parmi les objectifs officiels : "montrer que la police n'est pas raciste" et "déconstruire le cliché selon lequel la police est violente".
Les policiers ont-ils présenté aux enfants quelques sondages marquants sur le vote bleu-marine des gendarmes ? Ont-ils présenté le média Flagrant Déni, qui recense les violences policières et l'obstruction judiciaire commises par de nombreux policiers ces dernières années ? Ou les récentes statistiques sur les contrôles au faciès ?
(Dauphiné Libéré, 28/09/24)

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UN GENDARME NÉONAZI EN ISÈRE
Il s'entraînait à l'arme automatique dans une forêt de Seyssinet... L'ex-gendarme volontaire néonazi isérois qui animait le projet WaffenKraft vient d'être lourdement condamné lors de son procès en appel : 18 ans de réclusion criminelle. Son petit groupe envisageait des attaques contre des mosquées et contre Jean-Luc Mélenchon, pour venger les victimes des attentats de Paris et de Nice.
Tout commence en 2018, lorsqu'une société de produits chimiques alerte la police sur une commande de produits pouvant servir à l'élaboration d'engins explosifs. Le client ? Un gendarme Isérois de 22 ans, affecté quelques temps à Montbonnot-Saint-Martin. À son domicile, on découvre des kalachnikovs, des munitions abondantes, un laboratoire de fabrication de bombes. Sous le pseudonyme FrenchCrusader, il déversait sa haine des musulmans, des Juifs et des "traîtres à l'Europe ancienne" sur des forums néonazis.
Combien y-a-t-il d'autres néonazis en Isère ? Combien étaient inscrits comme ce gendarme à un club de tir sportif ?
(Dauphiné Libéré, 12/05/23, 24/09/24)

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Cette revue de presse vous a intéressé ?
Nous vous recommandons la revue de presse de septembre 2024 sur des exosquelettes dans les Hauts de Chartreuse, le dossier grenoblois de l'Abbé Pierre, l'échec de l'immeuble autonome ABC, l'affaire Martin-Piolle et plein d'autres infos.
N'hésitez pas à consulter aussi la revue de presse de mai 2024 sur les contrôleurs M'Tag en civil, des liens militaires entre Grenoble et Israël, les dangers de la soumission chimique, les pluies de sable du Sahara et plein d'autres infos locale.
Vous trouverez enfin dans la revue de presse d'avril 2024 sur le coup de tonnerre pour le Métrocâble, le secret des Musclors de Grenoble, l'achat collectif de forêts, une fête néonazie en Isère, une surtaxe pour les SUV et plein d'autres infos locales.