Grevue de presse : Les 10 infos de mars

12/03/2024
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Vous ne lisez pas le Dauphiné Libéré, mais les infos marquantes vous intéressent ?

Chaque mois, le média ici Grenoble vous propose la ''Grevue de presse'', une sélection d'infos courtes et percutantes glanées dans la presse locale ou dans nos réseaux.

Au menu de mars : la vidéosurveillance click and collect, les logements vides dans l'agglomération, la sécurité sociale de l'alimentation bientôt à Grenoble, les effets de la gratuité des bibliothèques et plein d'autres infos.

Bonne lecture !

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LA VIDÉOSURVEILLANCE CLICK AND COLLECT

Une première en France ? La Métropole vient de développer une application cartographique pour les 263 enquêteurs de la police nationale et de la gendarmerie dans l'agglomération grenobloise.

Cette appli permet de localiser toutes les caméras de vidéosurveillance publiques, leur état de fonctionnement, leur propriétaire et l'exploitabilité des images. En quelques clics, la procédure judiciaire de réquisition des images est automatisée, et les vidéos seront bientôt téléchargeables en ligne.

L'application regroupe déjà 200 caméras de la Métropole et une centaine de la ville de Grenoble. Plus de 150 caméras seront prochainement ajoutées par les villes de Meylan, Eybens, Le Pont-de-Claix, le Fontanil et Jarrie.

Rappelons qu'en 2014, Éric Piolle promettait "de revendre [les caméras de vidéosurveillance] à Christian Estrosi" et de "réorienter [les moyens affectés à la vidéosurveillance] afin d’assurer une présence humaine dans les quartiers pour prévenir la délinquance". En 2024, Grenoble compte 118 caméras, toutes équipées d'un système de vidéoverbalisation automatique.

Sur les effets de la vidéosurveillance, nous vous recommandons notre dossier : Vidéosurveillance : seulement 1% d'utilité dans l'agglomération grenobloise ?

(Dauphiné Libéré, 04/02/24)

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LE CONGÉ MENSTRUEL À GRENOBLE

Début février, le Sénat rejetait un projet de loi permettant aux femmes souffrant de règles douloureuses ou invalidantes de recourir à un congé menstruel. Rien n'empêche cependant une entreprise ou une collectivité de mettre en place cette avancée.

Après Seyssinet-Pariset, la mairie de Grenoble vient de créer un congé menstruel. Sur avis médical, les agentes peuvent désormais obtenir un ou deux jours de congés supplémentaires par mois, dans la limite de 15 jours par an, sans perte de salaire.

À notre connaissance, les autres structures appliquant déjà un congé menstruel à Grenoble sont le bar associatif La Bobine et la boulangerie coopérative bio Le pain des Cairns. Si vous en connaissez d'autres, faites-nous signe !

(Dauphiné Libéré, 19/02/24)

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COMBIEN DE LOGEMENTS VIDES ?

À quelques jours de la fin de la trêve hivernale, une étude de l'INSEE nous révèle le nombre de logements vides, commune par commune. Dans l'agglomération grenobloise, plus de 3 700 logements sont considérés comme vacants depuis deux ans ou plus. Sur le même territoire, plus de 1 500 personnes sont sans domicile fixe, dont plus de 200 enfants.

Cette situation indécente vous donnerait envie de réquisitionner des maisons vides ? Oui mais comment ? Que dit la loi ?

En théorie, la Préfecture peut réquisitionner certains logements vides depuis plus d'un an, pour mettre à l'abri des personnes sans domicile. À notre connaissance, ce dispositif n'est jamais appliqué, malgré le manque criant d'hébergements d'urgence.

La ville de Grenoble peut-elle réquisitionner elle-même ? En 2022, le conseil municipal avait voté une délibération en ce sens. Éric Piolle considère cette mesure inapplicable, systématiquement déboutable par le tribunal administratif. La mairie a cependant décidé d'attaquer en justice la Préfecture pour son manque d'hébergements d'urgence. Grenoble compte également passer de 200 à 300 places d'hébergement d'urgence d'ici la fin de l'année.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons la brochure du DAL Isère : Les lois de réquisition des logements vides pour les nul-e-s.

(Dauphiné Libéré, 05/02/24, 16/02/24)

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1 000 EUROS POUR UN LOGEMENT SOCIAL

Face à la pénurie de logements sociaux, des crapules en profitent. Un agent de la Société Dauphinoise pour l'Habitat vient d'être condamné pour corruption. Il se faisait remettre jusqu'à 1 000 euros en liquide pour mettre en avant certains dossiers examinés par la commission d'attribution des logements sociaux. Le quinquagénaire avait même ouvert une ligne téléphonique dédiée à cette activité, sous un faux nom. La justice le soupçonne d'avoir perçu plus de 200 000 euros en quelques années.

Ce scandale rappelle la récente affaire de trafic de titres de séjour à la Préfecture de l'Isère, impliquant un agent et cinq complices. Une carte de résident de 10 ans en France se négociait 35 000 euros. Plus de 250 titres illégaux auraient été délivrés depuis 2020, pour des gains estimés à plus de 7 millions d'euros.

Combien d'autres fonctionnaires corrompus sévissent à Grenoble, plus discrets et mieux organisés ?

(Dauphiné Libéré, 02/02/24, 07/02/24, 20/06/23)

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L'EFFET DES BIBLIOTHÈQUES GRATUITES

Depuis 2019, les bibliothèques municipales de Grenoble sont gratuites. 5 ans plus tard, quels sont les effets ? Dans un contexte général de baisse du nombres d'inscrit-e-s et d'emprunts en France, Grenoble réussit-elle à inverser la tendance ?

Voici quelques chiffres. De 2010 à 2018, le nombre d'inscriptions dans les bibliothèques municipales avait chuté de 37 263 à 29 753. En 2020 et 2021, la crise du covid rend difficile toute interprétation. Mais en 2022, 33 361 personnes étaient de nouveau inscrites à Grenoble, et 37 420 en 2023.

Cette Remontada va-t-elle se poursuivre en 2024 ? La qualité exceptionnelle des bibliothèques grenobloises, en particulier pour les enfants, peut-elle contrer l'hégémonie des écrans ?

(Chiffres fournis par la Mairie de Grenoble, février 2024)

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BIENTÔT UNE SÉCURITÉ SOCIALE DE L'ALIMENTATION

Après Montpellier, Lyon, Paris, Strasbourg et Bordeaux, le conseil municipal de Grenoble a décidé l'expérimentation d'une sécurité sociale de l'alimentation à partir d'octobre 2024.

Concrètement, de quoi s'agit-il ? Une caisse de cotisation associative sera alimentée par des adhésions et des subventions, dont 1,4 millions d'euros de la ville de Grenoble. En échange d'une adhésion, les Grenoblois-es volontaires recevront chaque mois une somme forfaitaire en fonction de leurs revenus, sous forme de monnaie spéciale. Cette monnaie ne pourra être dépensée que dans des coopératives alimentaires, des marchés ou des magasins conventionnés soutenant l'agriculture paysanne.

Cette expérimentation va-t-elle connaître un franc succès ? Ou va-t-elle s'essouffler comme la monnaie locale Le Cairn ? Une sécurité sociale de l'alimentation peut-elle survivre sans subventions massives ? Combien de Grenoblois-es "aisé-e-s" sont prêt-e-s à cotiser pour que des Grenoblois-es précaires reçoivent du soutien alimentaire ? Quelles avancées et quels reculs ce système pose-t-il en terme de démocratie, de contrôle social ou de soutien aux paysan-ne-s ?

Pour une réflexion critique sur la sécurité sociale de l'alimentation : Non au pass alimentaire.

(Dauphiné Libéré, 06/02/24)

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GLYPHOSATE : L'APPEL DE THÉO GRATALOUP

“Le glyphosate ne pose aucun problème !”, “La science a parlé !”, "Laissez-nous travailler comme on veut !"... Vous avez probablement entendu ces phrases d'agriculteurs ou de responsables FNSEA sur les barrages routiers, à Grenoble comme ailleurs.

Ces propos prennent un sens particulier en Isère, où la première plainte contre le Roundup a été déposée en France. À Moidieu-Détourbe près de Vienne, Sabine et Thomas Grataloup ont assigné en justice la jardinerie Novajardin et Monsanto (désormais Bayer) en 2018. Pour eux, la grave malformation de leur fils Théo est due au glyphosate. Théo est né en 2007 avec une atrésie de l'oesophage : une interruption du tuyau qui lie le pharynx à l'estomac.

Spécialisée dans les voyages équestres, Sabine Grataloup utilisait régulièrement du Roundup pour désherber la carrière de ses chevaux. Elle est convaincue que son fils a été contaminé un jour où elle effectuait un désherbage chimique, lorsqu'elle était enceinte de 3 à 4 semaines, au moment où l'oesophage et la trachée du foetus se forment.

En 2022, le comité d’experts scientifiques du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reconnu "la possibilité d’un lien de causalité" entre les graves malformations de Théo et l’exposition aux pesticides durant la période prénatale.

Théo a subi 54 opérations chirurgicales depuis sa naissance. Il est aujourd’hui lycéen et a récemment adressé un message poignant au président de la République : Combien faudra-t-il de victimes encore pour que vous interdisiez cet herbicide ?

Depuis que l’industrie chimique existe, jamais un produit n’a été autant répandu dans l’environnement, et donc dans nos corps. Le taux de contamination est tel que nos urines contiennent généralement plus d'un nanogramme par millilitre. Ce taux est généralement plus faible pour les personnes consommant des produits bio.

Et alors ? Est-ce si grave ? Le glyphosate est-il réellement toxique, oui ou non ? Pour une réponse claire, nous vous recommandons une interview de Stéphane Foucart : Un scandale planétaire digne d’un thriller.

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QUE FAIRE POUR GAZA ?

Dans l'impunité totale, l'horreur continue. Plus de 25 000 mort-e-s, plus de 150 000 bâtiments détruits, un enfant ou une femme tués toutes les dix minutes selon l'OMS, des souffrances inimaginables.

Si ce massacre se déroulait en France, c'est comme si 800 000 personnes avaient déjà été tuées.

À Grenoble, treize manifestations ont exigé un cessez-le-feu immédiat depuis octobre. Elles ont rassemblé 500 à 3 000 personnes selon les jours. Malheureusement, comme partout en France, les mobilisations ne sont pas assez puissantes.

Pour toutes les personnes qui ont des proches en Israël et en Palestine, pour toutes les personnes éprises de paix, de justice et de démocratie, cette situation est une torture mentale.

Pour crier sa colère, une action Boycott s'organise devant Carrefour Échirolles ce samedi 16 mars à 11h.

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Cette revue de presse vous a intéressé ?

Vous trouverez dans la revue de presse de février 2024 plein d'infos concernant les menaces sur l'eau potable de Grenoble, le boum du vélo dans l'agglomération, les explosions dans l'usine Arkéma, les effets du blocage de l'A480 et plein d'autres infos locales.

N'hésitez pas à consulter auss la revue de presse de janvier 2024 sur le contenu de l'algorithme secret de la CAF Isère, l'encadrement des loyers dans l'agglo, un système de racket généralisé dans le secteur BTP, les coulisses de ST Micro, une bonne nouvelle pour 2027 et plein d'autres infos locales.

Nous vous recommandons enfin la revue de presse de novembre 2023 sur le lancement de la Donnerie, la fausse bombe dans le réacteur nucléaire de Grenoble, les travaux du 38 rue d'Alembert, le marquis Bruno de Quinsonas-Oudinot, les affaires de Wauquiez et plein d'autres infos.