Revue de presse : Les 7 infos de mars
Vous ne lisez pas le Dauphiné Libéré, mais les infos marquantes vous intéressent ?
Le média ici Grenoble vous propose la ''Grevue de presse'' : une sélection d'infos courtes et percutantes glanées dans la presse locale ou dans nos réseaux.
Au menu de mars : de plus en plus de mineures prostituées à Grenoble, un appel à témoins dans l'affaire Leveugle, les Premiers Secours en Santé Mentale et plein d'autres infos.
Bonne lecture !
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UN GRAND SOLEIL FÉMINISTE
Quelques mois après la fin du procès des viols de Mazan, quelques semaines après les révélations sur l'affaire Epstein, quelques jours après un nouveau féminicide en Isère (Fatima Hafidi assassinée de 11 coups de couteau par son ex conjoint à Chavanoz), plus de 4 000 féministes et proféministes ont déferlé dans les rues de Grenoble dimanche 8 mars. Beaucoup d'émotion, plein de jeunes, une force collective incroyable !
Et de la force, il nous en faut. Accrochez-vous pour la suite de cette revue de presse, sombre mais instructive.
(Dauphiné Libéré, 26/02/26, 09/03/26)

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COMBIEN DE MINEURES PROSTITUÉES À GRENOBLE ?
Elles ont 15 ans, 13 ans, parfois moins... Comme à Marseille, les services judiciaires et éducatifs de l'agglomération grenobloise alertent sur l'explosion du nombre de mineures prostituées. La plupart sont des filles en grande précarité sociale et affective, souvent hébergées dans des foyers de l'Aide Sociale à l'Enfance.
Comment expliquer ce cauchemar ? Qui recrute ces jeunes filles ? Qui sont les clients ?
Dans son enquête Les cramés, le journaliste Philippe Pujol explique les mécanismes d'emprise les plus courants : des "Lover boys" plutôt mignons traquent et repèrent des jeunes filles vulnérables sur les réseaux sociaux ou près des foyers ASE. Ils les séduisent, leur offrent de beaux cadeaux, promettent monts et merveilles. Une histoire d'amour "idéale" commence. Une histoire avec de plus en plus de drogues, en commençant généralement par des susbstances "festives" comme le protoxyde d'azote.
Une fois la fille "amoureuse" et dépendante, le chantage commence. Le Lover boy affirme par exemple qu'il a des dettes, qu'il est menacé de mort, que si la fille se prostitue juste une fois ou deux il sera sauvé. L'engrenage infernal se met en place.
Droguées, épuisées, piégées, les jeunes filles subissent jusqu'à 30 clients par jour, générant 150 000 à 300 000 euros de cash par an. Des sommes colossales. Une partie des clients sont les narcotrafiquants eux-mêmes, des centaines de guetteurs et de vendeurs qui "s'organisent" un système de relations sexuelles gratuites ou à prix dérisoire. Jusqu'à ce que les jeunes filles soient rejetées à la rue, dans un état de santé épouvantable.
Face à l'ampleur et la gravité de ces trafics sexuels, les services judiciaires et éducatifs de Grenoble ont créé une cellule spéciale d'intervention. Une cinquantaine d'adolescentes sont déjà suivies. Est-ce suffisant ? Face à des narcotrafiquants de plus en plus nombreux, rapaces et malins, Philippe Pujol insiste sur l'urgence de protéger par tous les moyens possibles les filles de l'Aide Sociale à l'Enfance.
(Dauphiné Libéré, 03/03/26)

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LAISSER LES RENARDS TRANQUILLES
Chaque année, entre 20 000 et 40 000 renards, fouines, belettes, corneilles, corbeaux, pies et étourneaux sont massacrés par des chasseurs en Isère, avec l'accord de la Préfecture. Ces magnifiques animaux sont considérés comme des "espèces susceptibles d’occasionner des dégâts" (ESOD). Un statut qui autorise leur destruction par des tirs, du piégeage et du déterrage toute l’année, même en dehors des périodes de chasse. Un "sport du dimanche" pour certains chasseurs particulièrement sadiques.
Spécifique à la France, cette politique de "régulation" n’avait jamais été évaluée scientifiquement par l'État. C'est désormais le cas grâce à des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle. Leur étude montre que le massacre systématique des ESOD non seulement ne diminue pas les dommages agricoles provoqués, mais coûte jusqu'à huit fois plus cher que les dommages eux-mêmes.
Les chercheurs recommandent de n'éliminer des individus qu'au cas par cas, seulement sur des zones agricoles réellement menacées. Et de mettre en place des protections alternatives, par exemple des semences enrobées de répulsifs naturels ou des techniques d’effarouchement.
Pour découvrir l'étude du Muséum national d’histoire naturelle, c'est ici.
(Le Monde,09/03/26)

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MAGASINS, RACKET ET BLANCHIMENT
Ces dernières années, rares sont les mois sans un incendie ou une tentative d'incendie dans un restaurant, une épicerie ou un commerce de l'agglomération grenobloise. Parfois pire. Le 6 février en pleine journée, un engin explosif a été jeté dans un institut de beauté boulevard Gambetta. Six personnes ont été légèrement blessées, dont une fillette de six ans.
Pourquoi toutes ces attaques ? Au-delà d'éventuels conflits inter-personnels ou familiaux, les enjeux sont souvent liés au racket ou au blanchiment d'argent.
Le racket : chaque mois, certains commerces grenoblois sont sommés de verser de l'argent liquide ou une partie de leur chiffre d'affaires à des réseaux mafieux ou des gangs, en échange d'une "protection". Une tentative d'incendie peut être une manière de convaincre un-e commerçant-e récalcitrant-e ou ses voisin-e-s.
Le blanchiment : chaque année, les trafics de drogue et la prostitution génèrent 30 à 50 millions d'euros de cash dans l'agglomération grenobloise. Une pluie de billets de 10, 20 et 50 euros. Comment blanchir cet argent liquide sans éveiller les soupçons ? L'une des méthodes consiste à injecter des billets "sales" dans des commerces légaux : un restaurant, un institut de beauté, un salon de coiffure, etc. Attaquer une "blanchisserie" peut être un moyen pour un gang d'en affaiblir un autre.
(Dauphiné Libéré, 07/02/26)

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5 SOLUTIONS RADICALES CONTRE LE NARCOTRAFIC
Face au narcotrafic de plus en plus offensif à Grenoble, que proposent les candidat-e-s en tête de sondage pour la mairie ? Laurence Ruffin promet d'embaucher 50 policiers municipaux supplémentaires, pour recréer une police de proximité renseignant la police nationale. Alain Carignon promet d'embaucher 150 policiers municipaux et de les armer. La répression, encore et toujours.
Spoiler alert : les résultats seront médiocres voire dérisoires.
Depuis trente ans, tout démontre l'impasse des politiques répressives. Jamais la loi n'a été si dure, jamais autant de drogue n'a circulé en France. Dans l'agglomération grenobloise, les chiffres sont sidérants. 30 000 à 50 000 habitant-e-s consommeraient régulièrement du cannabis. 15 000 à 20 000 de la cocaïne ou des drogues de synthèse.
Si la répression policière ne marche pas, quelles sont les autres solutions ? Nous vous recommandons notre dossier : 5 solutions radicales contre le narcotrafic à Grenoble.
(Dauphiné Libéré, 06/03/26)
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L'AFFAIRE LEVEUGLE
L'affaire Pelicot a été découverte presque par hasard, grâce à la ténacité d'un vigile de grande surface. C'est aussi le cas de l'affaire Leveugle à Vizille, qui s'annonce comme l'une des plus importantes affaires d'abus sexuels sur des garçons mineurs en France.
Ancien enseignant, éducateur et encadrant d'associations de jeunesse, Jacques Leveugle résidait entre Vizille et le Maroc. Son neveu a découvert plusieurs clés USB révélant la face cachée de son oncle de 79 ans. Il est désormais suspecté d'au moins 89 viols sur des garçons mineurs de 13 à 17 ans, en France, au Maroc, en Allemagne, en Suisse, au Niger, en Colombie.
La police grenobloise lance un vaste appel à témoins pour retrouver les victimes de ce prédateur. Vous avez des infos ? Appelez le 0 800 20 01 42.
(Dauphiné Libéré, 11/02/26)

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DEVENIR SECOURISTE EN SANTÉ MENTALE ?
Dépression, pensées suicidaires, crises d'angoisse... de plus en plus de Français-es sont en souffrance psychique, en particulier les plus jeunes. Que faire pour les repérer et les soutenir ?
Chaque mois, plusieurs formations Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) sont proposées à Grenoble. Créées en Australie en 2001, ces formations de 14 heures proposent de nombreux outils concrets pour repérer les troubles psychiques, adopter des comportements adaptés et soutenants, connaître les professionnel-le-s adéquat-e-s. Depuis 2018, plus de 250 000 Français-es ont suivi cette formation validée par l'État.
Pour en savoir plus sur le contenu, les tarifs et les prochaines dates à Grenoble, c'est ici.
(Dauphiné Libéré, 05/03/26)
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Cette revue de presse vous a intéressé ?
Nous vous recommandons la revue de presse de février 2026 sur une victoire contre Soitec, le boum des logements vides à Grenoble, des antidotes au burnout militant et plein d'autres infos.
N'hésitez pas à consulter aussi la revue de presse de janvier 2026 sur l'épicerie augmentée de ST, l'attaque de la mosquée de Saint-Bruno, le prêt sur gage à Grenoble et plein d'autres infos.
Enfin, vous trouverez dans la revue de presse de décembre 2025 des infos sur la justice restaurative en Isère, le prix d'une kalachnikov à Grenoble, le SOS du Planning Familial et plein d'autres actualités.