Municipales : Celle qui va gagner à Grenoble

04/11/2025
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Qui va remporter les élections municipales à Grenoble ?

En exclusivité et sans prendre trop de risques, ici Grenoble annonce que celle qui va faire le meilleur score le 15 mars c'est... roulements de tambour...  l'abstention évidemment !

 

UN TAUX D'ABSTENTION ÉNORME

En 2020, sur les 158 000 habitant-e-s de Grenoble, seulement 86 500 étaient inscrit-e-s sur les listes électorales. Seulement 36 500 ont voté au premier tour, soit plus de 57% d'abstention. Mais attention, le taux d'abstention officiel ne prend en compte que les personnes inscrites sur les listes électorales. Si on ajoute les milliers de Grenoblois-es en âge de voter mais qui n'ont pas demandé une carte électorale, l'abstention frise les 70% !

En 2014, le taux officiel d'abstention était de 47% au premier tour. En 2008, plus de 45%. Quel sera le niveau d'abstention en 2026 ? Faites le test autour de vous : dans une société largement dépolitisée, on ne compte plus le nombre de personnes indifférentes aux élections locales, totalement désinformées sur le sujet, ou n'ayant même pas de carte électorale.

Que conclure d'un tel niveau d'abstention ? Dans notre démocratie dite "représentative", les élu-e-s ne représentent qu'une faible partie de la population. Une minorité prend tout le pouvoir. En 2020, Eric Piolle ne représentait que 19,4% des personnes inscrites sur les listes électorales. Moins de 15% des Grenoblois-es en âge de voter.

Sachant que les personnes qui se déplacent pour voter sont en général plus âgées et plus riches que la moyenne de la population, quel serait le résultat final si tout le monde votait, avec le même niveau d'information sur chaque candidat-e et son programme ?

 

 

LA MINORITAIRE FAVORITE

Parmi les candidat-e-s à la mairie de Grenoble, qui est actuellement en pole position ? Laurence Ruffin, la soeur de François Ruffin. Selon un récent sondage Ipsos BVA, elle recueillerait 34% des suffrages au premier tour, contre 25% pour Alain Carignon et 10% pour la liste LFI. Un sondage à manier avec prudence, puisque seulement 609 personnes ont été interrogées. Un précédent sondage de l'Institut Cluster donnait des résultats similaires.

Le choix de placer Laurence Ruffin en tête de liste est si malin qu'il semble dicté par ChatGPT. Elle réussit à s'inscrire dans la continuité d'Eric Piolle tout en présentant un visage neuf, puisqu'elle n'a jamais fait de politique jusqu'ici. Elle bénéficie de l'aura médiatique et du capital sympathie de son frère. Comme Eric Piolle, elle rassure les poids lourds de l'économie locale, ST, le CEA, HP, Schneider ou Soitec : Laurence Ruffin a longtemps été PDG d'une société d'informatique et cofondatrice de la SCIC French Tech in the Alps.

Enfin, dans une ville à dominante centre gauche depuis 30 ans, elle choisit de faire alliance avec le PS, de se démarquer de LFI et de présenter un programme "tout en douceur", sans mesures particulièrement frappantes. Une stratégie parfaite pour apaiser l'électorat modéré et âgé, celles et ceux qui considèrent l'équipe Piolle "sympathique mais un peu trop radicale".  Celles et ceux dont la priorité est de consolider les avancées menées en 12 ans : le passage de 20 à 25% de logements sociaux, le boum des pistes cyclables, les bibliothèques gratuites, le bio dans les cantines, etc.

 

Photo Dauphiné Libéré

 

UN SEUL TÉNOR EN FACE

Autre atout pour Laurence Ruffin : face à elle, le seul ténor médiatique est Alain Carignon. l'ancien maire corrompu de Grenoble, âgé de 76 ans. Quiconque se plonge dans le détail des affaires Carignon ne peut qu'halluciner : après toutes ces magouilles sidérantes, comment cet homme ose-t-il encore se présenter devant les Grenoblois-es ?

En 2020, Alain Carignon n'avait réuni que 7 000 voix. Dans une France désormais dominée par les médias de droite et d'extrême droite, va-t-il créer la surprise ? Ou sa candidature n'est-elle qu'une façon de perdurer sur la scène locale, de maintenir une petite cour d'admirateurs et d'admiratrices ? Une croisade personnelle pour tenter, encore et toujours, un "blanchiment par les urnes", à l'américaine ?

 

 

PAS DE TÉNOR LFI

L'un des faits marquants de la campagne, c'est la décision de LFI de quitter l'union des gauches grenobloises. Une stratégie nationale, mais aussi probablement la volonté de ne pas associer LFI au nom de la famille Ruffin, après la rupture explosive entre "François et Jean-Luc".

Malgré tout, LFI semble ne pas vouloir poser trop de problèmes à Laurence Ruffin, en désignant l'énergique mais inconnu Allan Brunon, 26 ans. Son score va-t-il nous surprendre ? Ses promesses de cantines gratuites et de construction massive de logements sociaux vont-elles mobiliser des abstentionnistes ? La participation des quartiers populaires va-t-elle être exceptionnelle ?

 

Photo Dauphiné Libéré

 

LA PALME DE LA CRÉATIVITÉ

Dans cette campagne électorale globalement atone, une liste tente de secouer les esprits. Le Grenoble Alpes Collectif multiplie les débats et les propositions originales. Leurs "affiches-miroir" invitant n'importe qui à devenir candidat-e ont produit un certain effet dans les rues de Grenoble.

En 2020, la liste radicale "La commune est à nous" avait recueilli plus de 1 000 voix au premier tour. Le Grenoble Alpes Collectif va-t-il faire mieux ?

 

Photo Dauphiné Libéré

 

ET LE RN ?

Parmi les autres candidats, le RN retient évidemment toutes les attentions. Va-t-il dépasser les 5 000 voix ?  L'électorat d'extrême droite va-t-il plutôt se reporter sur Alain Carignon ? Dans une agglomération où rares sont les mois sans une scène tragique digne de la série Gomorra, la peur va-t-elle fortement influencer le scrutin ?

 

UNE SURPRISE QUI POURRAIT TOUT CHANGER

Si le résultat des élections grenobloises semble prévisible (victoire de Ruffin contre Carignon au second tour), un événement exceptionnel va-t-il redistribuer les cartes ? Un attentat ou une catastrophe industrielle ? Une fusillade liée au narcotrafic encore plus sanglante que d'habitude, tuant plusieurs passant-e-s ? Un scandale politique dévoilé quelques semaines avant le scrutin ? Quels seront aussi les impacts des Fake News et des calomnies qui pullulent sur les réseaux sociaux ?

 

LES VRAIS ENJEUX À GRENOBLE

Au-delà de toutes ces considérations, ce qui nous marque le plus dans cette campagne, c'est le manque de radicalité face aux catastrophes devant nous. À part le NPA, LFI et le Grenoble Alpes Collectif, rares sont les candidat-e-s qui abordent frontalement :

- Le désastre climatique : quiconque se plonge sérieusement dans les prévisions des climatologues est saisi-e d'effroi. À Grenoble comme ailleurs, une catastrophe nous fonce dessus. Elle ne se combattra pas avec davantage de pistes cyclables, d'îlots de fraîcheur et de cantines bio. Quel-le maire osera repenser tout notre système de consommation et de production ? Qui osera déclencher un vrai plan d'urgence ?

- L'extrême droite au pouvoir : les probabilités d'un président RN ou Républicain porté par Trump sont désormais très fortes. À Grenoble, quel-le maire osera s'opposer de toutes ses forces à la déferlante de lois racistes, inégalitaires et climaticides ? Qui osera combattre la Préfecture et l'Hôtel de police pied à pied, avec courage et ténacité ?

- La misère : une grande partie de la population grenobloise s'appauvrit à vitesse accélérée, comme le prouve l'essor sans précédent du narcotrafic. Quel-le maire osera engager un plan massif de soutien aux quartiers populaires ? Qui osera notamment réquisitionner les logements vides ?

Une grande partie des réponses ne se construiront évidemment pas dans les urnes mais dans la rue. Dans les mobilisations, dans les luttes, dans les alternatives grenobloises. Toute la créativité et le courage politique que nous mettons en avant sur ici Grenoble.

 

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POUR PRENDRE BEAUCOUP DE RECUL

Pour terminer cet article par des réflexions approfondies sur la démocratie représentative, ici Grenoble vous propose deux textes marquants du révolutionnaire Cornélius Castoriadis, spécialiste de la démocratie directe.

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Le premier texte s'intitule Le socialisme du futur. Il s'agit de la retranscription d'une conférence de Castoriadis en 1991 à Porto Allegre, sur les formes que pourrait prendre une démocratie directe. Attention, il y a des fautes d'orthographe dans la retranscription, mais cela n'altère pas le sens du propos...

Le socialisme du futur, c'est ici.

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Dans le second texte ci-dessous, Castoriadis explique pourquoi, en France, il est devenu un ardent révolutionnaire :

"J’ai le désir et je sens le besoin, pour vivre, d’une autre société que celle qui m’entoure. Comme la grande majorité des hommes, je peux vivre dans celle-ci et m’en accommoder – en tout cas j’y vis. Aussi critiquement que j’essaye de me regarder, ni ma capacité d’adaptation, ni mon assimilation de la réalité ne me semblent inférieures à la moyenne sociologique. Je ne demande pas l’immortalité, l’ubiquité, l’omniscience.

Je ne demande pas que la société "me donne le bonheur" ; je sais que ce n’est pas là une ration qui pourrait être distribuée à la mairie ou au Conseil ouvrier du quartier, et que, si cette chose existe, il n’y a que moi qui puisse me la faire, sur mes mesures, comme cela m’est arrivé et comme cela m’arrivera sans doute encore. Mais dans la vie, telle qu’elle est faite à moi et aux autres, je me heurte à une foule de choses inadmissibles, je dis qu’elles ne sont pas fatales et qu’elles relèvent de l’organisation de la société.

Je désire, et je demande, que tout d’abord mon travail ait un sens, que je puisse approuver ce qu’il sert et la manière dont il est fait, qu’il me permette de m’y dépenser vraiment et de faire usage de mes facultés autant que de m’enrichir et de me développer. Et je dis ce que c’est possible, avec une autre organisation de la société, pour moi et pour tous. Je dis que ce serait déjà un changement fondamental dans cette direction, si on me laissait décider, avec tous les autres, ce que j’ai à faire, et, avec mes camarades de travail, comment le faire.

Je désire pouvoir, avec tous les autres, savoir ce qui se passe dans la société, contrôler l’étendue et la qualité de l’information qui m’est donnée. Je demande de pouvoir participer directement à toutes les décision sociales qui peuvent affecter mon existence, ou le cours général du monde où je vis.

Je n’accepte pas que mon sort soit décidé, jour après jour, par des gens dont les projets me sont hostiles ou simplement inconnus, et pour qui nous ne sommes, moi et tous les autres, que des chiffres dans un plan ou des pions sur un échiquier et qu’à la limite, ma vie et ma mort soient entre les mains de gens dont je sais qu’ils sont nécessairement aveugles.

Je sais parfaitement que la réalisation d’une autre organisation sociale et sa vie ne seront nullement simples, qu’elles rencontreront à chaque pas des problèmes difficiles. Mais je préfère être au prise avec des problèmes réels plutôt qu’avec les conséquences du délire de De Gaulle, des combines de Johnson ou des intrigues de Khrouchtchev. Si même nous devions, moi et les autres, rencontrer l’échec dans cette voie, je préfère l’échec dans une tentative qui a un sens à un état qui reste en deçà même de l’échec et du non-échec, qui reste dérisoire.

Je désire pouvoir rencontrer autrui comme un être pareil à moi et absolument différent, non pas comme un numéro, ni comme une grenouille perchée sur un autre échelon (inférieur ou supérieur peu importe) de la hiérarchie des revenus et des pouvoirs.

Je désire pouvoir le voir, et qu’il puisse me voir, comme un autre être humain, que nos rapports ne soient pas un terrain d’expression de l’agressivité, que notre compétition reste dans les limites du jeu, que nos conflits, dans la mesure où ils ne peuvent être résolus ou surmontés, concernent des problèmes et des enjeux réels, charrient le moins possible d’inconscient, soient chargés le moins possible d’imaginaire.

Je désire qu’autrui soit libre, car ma liberté commence là où commence la liberté de l’autre et que, tout seul, je ne peux au mieux qu’être "vertueux dans le malheur". Je ne compte pas que les hommes se transformeront en anges, ni que leurs âmes deviendront pures comme des lacs de montagne – qui m’ont du reste toujours profondément ennuyé. Mais je sais combien la culture présente aggrave et exaspère leur difficulté d’être, et d’être avec les autres, et je vois qu’elle multiplie à l’infini les obstacles à leur liberté.

Je sais certes, que ce désir ne peut être réalisé aujourd’hui ; ni même la révolution aurait-elle lieu demain, se réaliser intégralement de mon vivant. Je sais que des hommes vivront un jour, pour qui le souvenir même des problèmes qui peuvent le plus nous angoisser aujourd’hui n’existera pas. C’est là mon destin, que je dois assumer, et que j’assume. Mais cela ne peut me réduire ni au désespoir, ni à la rumination catatonique.

Ayant ce désir qui est le mien, je ne peux que travailler à sa réalisation. Et déjà dans le choix que je fais de l’intérêt principal de ma vie, dans le travail que j’y consacre, pour moi plein de sens (même si je rencontre, et j’accepte, l’échec partiel, les délais, les détours, les tâches qui n’ont pas de sens en elles-mêmes), dans la participation à une collectivité de révolutionnaires qui tente de dépasser les rapports réifiés et aliénés de la société présente – je suis en mesure de réaliser partiellement de désir.

Si j’étais né dans une société communiste, le bonheur m’eût-il été plus facile – je n’en sais rien, je n’y peux rien. Je ne vais pas sous ce prétexte passer mon temps à regarder la télévision ou à lire des romans policiers.

Est-ce que mon attitude revient à refuser le principe de réalité ? Mais quel est le contenu de ce principe ? Est-il qu’il faut travailler – ou bien qu’il faut nécessairement que le travail soit privé de sens, exploité, contredise les objectifs pour lesquels il a prétendument lieu ? Ce principe vaut-il, sous cette forme, pour un rentier ? Valait-il, sous cette forme, pour les indigènes des îles Trobriand ou de Samoa ? Vaut-il encore aujourd’hui, pour les pêcheurs d’un pauvre village méditerranéen ?

Jusqu’à quel point le principe de réalité manifeste-t-il la nature, et où commence-t-il à manifester la société ? Jusqu’où manifeste-t-il la société comme telle, et à partir d’où telle forme historique de la société ? Pourquoi pas le servage, les galères, les camps de concentration ? Où donc une philosophie prendrait-elle le droit de me dire : ici, sur ce millimètre précis des institutions existantes, je vais vous montrer la frontière entre le phénomène et l’essence, entre les formes historiques passagères et l’être éternel du social ?

J’accepte le principe de réalité, car j’accepte la nécessité du travail (aussi longtemps du reste qu’elle est réelle, car elle devient chaque jour moins évidente) et la nécessité d’une organisation sociale du travail. Mais je n’accepte pas l’invocation d’une fausse psychanalyse et d’une fausse métaphysique, qui importe dans la discussion précise des possibilités historiques des affirmations gratuites sur des impossibilités sur lesquelles elle ne sait rien.

Mon désir serait-il infantile ? Mais la situation infantile, c’est que la vie vous est donnée, et que la Loi vous est donnée. Dans la situation infantile, la vie vous est donnée pour rien ; et la Loi vous est donnée sans rien, sans plus, sans discussion possible. Ce que je veux, c’est tout le contraire : c’est faire ma vie, et donner la vie si possible, en tout cas donner pour ma vie. C’est que la Loi ne me soit pas simplement donnée, mais que je me la donne en même temps à moi-même.

Celui qui est en permanence dans la situation infantile, c’est le conformiste ou l’apolitique : car il accepte la Loi sans la discuter et ne désire pas participer à sa formation. Celui qui vit dans la société sans volonté concernant la Loi, sans volonté politique, n’a fait que remplacer le père privé par le père social anonyme. La situation infantile c’est, d’abord, recevoir sans donner, ensuite faire ou être pour recevoir.

Ce que je veux, c’est un échange juste pour commencer, et le dépassement de l’échange par la suite. La situation infantile c’est le rapport duel, le phantasme de la fusion – et en ce sens, c’est la société présente qui infantilise constamment tout le monde, par la fusion dans l’imaginaire avec des entités irréelles : les chefs, les nations, les cosmonautes ou les idoles. Ce que je veux, c’est que la société cesse enfin d’être une famille, fausse de surcroît jusqu’au grotesque, qu’elle acquière sa dimension propre de société, de réseau de rapports entre adultes autonomes.

Est-ce que mon désir est désir du pouvoir ? Mais ce que je veux, c’est l’abolition du pouvoir au sens actuel, c’est le pouvoir de tous. Le pouvoir actuel, c’est que les autres sont choses, et tout ce que je veux va à l’encontre de cela. Celui pour qui les autres sont choses est lui-même une chose, et je ne veux pas être chose ni pour moi ni pour les autres. Je ne veux pas que les autres soient choses, je ne saurais pas quoi en faire.

Si je peux exister pour les autres, être reconnu par eux, je ne veux pas l’être en fonction de la possession d’une chose qui m’est extérieure – le pouvoir ; ni exister pour eux dans l’imaginaire. La reconnaissance d’autrui ne vaut pour moi qu’autant que je le reconnais moi-même.

Je risque d’oublier tout cela, si jamais les événements m’amenaient près du "pouvoir" ? Cela me paraît plus qu’improbable ; si cela arrivait, ce serait peut-être une bataille de perdue, mais non la fin de la guerre ; et vais-je régler toute ma vie sur la supposition que je pourrais un jour retomber en enfance ?

Poursuivrais-je cette chimère, de vouloir éliminer le côté tragique de l’existence humaine ? Il me semble plutôt que je veux en éliminer le mélodrame, la fausse tragédie – celle où la catastrophe arrive sans nécessité, où tout aurait pu se passer autrement si seulement les personnages avaient su ceci ou fait cela.

Que des gens meurent de faim aux Indes, cependant qu’en Amérique et en Europe les gouvernements pénalisent les paysans qui produisent "trop", c’est une macabre farce, c’est du Grand Guignol où les cadavres et la souffrance sont réels, mais ce n’est pas de la tragédie, il n’y a là rien d’inéluctable. Et si l’humanité périt un jour à coups de bombes à hydrogène, je refuse d’appeler cela une tragédie. Je l’appelle une connerie. Je veux la suppression du Guignol et de la transformation des hommes en pantins par d’autres pantins qui les "gouvernent"."

Extrait de L’institution imaginaire de la société

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Ces deux textes vous ont marqué ? Vous souhaitez approfondir mais également prendre un peu de recul par rapport à la pensée de Cornélius Castoriadis ? Nous vous recommandons une brochure, deux livres et une émission de radio :

- Sommes-nous en démocratie ?, une brochure de synthèse des critiques de Castoriadis sur la démocratie représentative et ses alternatives.

- Une société à la dérive, un recueil d'interviews passionnantes de Castoriadis, probablement le livre le plus clair pour découvrir l'étendue de sa pensée.

- Castoriadis, une vie, de François Dosse, une biographie qui permet de saisir la complexité du personnage, ses combats, ses chantiers encore ouverts, mais également ses nombreuses contradictions, en particulier sur les questions féministes.

- La montée de l'insignifiance, une interview de Castoriadis par Daniel Mermet, dans Là-bas si j'y suis en 1996.