Les chantiers BTP sont-ils rackettés dans l'agglomération grenobloise ?

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Selon le procureur de la République de Grenoble, un système de racket généralisé sévirait dans le secteur BTP de l'agglomération grenobloise.

Que se passe-t-il exactement ? Lorsque des travaux importants démarrent, des individus ou des groupes encagoulés viendraient intimider les ouvriers ou les chefs de chantier, réclamer des sommes importantes en argent liquide, le choix de telle ou telle société de sécurité, ou encore l'embauche de tel ou tel ouvrier.

En cas de refus, les chantiers subiraient des vols, des agressions ou des incendies, jusqu'à ce que l'entreprise finisse par céder. Par peur de représailles, la plupart des responsables et des ouvriers refuseraient de porter plainte ou de livrer des infos à la police.

Quelles sommes représenterait ce racket à l'échelle de l'agglo ? À Marseille, la fédération locale du BTP estimait ce trafic à 50 millions d'euros par an en 2016. Par comparaison, cela représenterait 5 à 10 millions d'euros par an dans le grand Grenoble.

Ces estimations sont-elles réalistes ? Ce système de racket est-il si important ? Une véritable enquête reste à mener pour saisir l'ampleur de ce réseau mafieux. Les modes opératoires correspondent en tout cas aux pratiques décrites par le journaliste Roberto Saviano, en particulier dans sa série Gomorra.

Sources : Dauphiné Libéré, 07/12/23, 12/12/23

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