Basilique Saint-Joseph : Retour sur une manifestation
Samedi 15 novembre à Grenoble, en plein concert à la Basilique Saint-Joseph, une trentaine de personnes ont manifesté pour dénoncer des violences sexistes et sexuelles au sein de l'association "Orgue & Musique Sacrée". Que s'est-il passé exactement ? Comment ont réagi les membres de l'association ?
Voici les explications de l'Assemblée Générale féministe de Grenoble :
"Le 15 novembre 2025, lors d'un concert organisé par l'association Orgue & Musique Sacrée à la Basilique Saint-Joseph, un rassemblement pacifique a eu lieu devant la basilique de Grenoble afin de dénoncer des faits de violences sexistes et sexuelles d'un de ses membres et la complicité de la structure avec cet agresseur.
En effet, au sein de cette association, un homme a usé de son âge et de sa place privilégiée pour agresser et harceler sexuellement une musicienne. Il s'est permis des paroles et des messages déplacés à son égard, ainsi que des contacts physiques et sexuels non consentis, de façon répétée.
En plus de tout cela, celui-ci se cachait dans l'église pour l'observer lors de ses répétitions, et est allé jusqu'à installer une caméra pour pouvoir la filmer et l'enregistrer à son insu. Au travers de ces actes intrusifs et agression répétées, il a profité de sa vulnérabilité et de sa confiance.
Après avoir été informé des faits, le président actuel de l'association a pris le parti de l'agresseur en accusant cette femme de mentir. Les autres membres de l'association n'ont apporté ni soutien ni protection à la victime. Aucun protocole ni aucune action n'ont été mises en place suite à ces agressions. La victime a été mise à l'écart de l'association jusqu'à se sentir obligée de la quitter, alors que l'homme qui l'a agressée a été réélu à son poste.
Ainsi, cette association et ses membres ont préféré ne pas bouleverser leur fonctionnement et continuer leurs activités et concerts sans rien changer, en faisant le choix délibéré d'ignorer les risques de récidive de cet agresseur auprès d'autres femmes qui pourraient être en lien avec la structure.
Le rassemblement a réuni une trentaine de personnes sur le parvis de la basilique. Une prise de parole a eu lieu pour interpeller le public, les organisateur·ices, et les passant·es, suivie d'une casserolade pour perturber le concert et de slogans féministes : "Violences sexistes, riposte féministe" et "Agresseur, on te voit, victime on te croit !"
Certains membres de l'association sont sortis de la basilique avec la volonté d'interrompre la prise de parole. Visiblement perturbés, ils ont essayé de bousculer les personnes rassemblées et d'arracher le mégaphone des mains des orateur·ices. La foule s'est densifiée pour permettre la poursuite du discours. Des menaces ont alors été proférées pour essayer de faire taire les manifestant·es, sans succès.
Face à la persévérance du rassemblement, l'association a fini par appeler la police et fermer les portes vitrées de la basilique. Tout cela ne leur suffisant pas à ignorer les revendications, ils ont même fermé les lourdes portes en bois du lieu.
Cette action a permis des échanges avec des personnes du public et des passant·es, qui ont exprimé leur soutien, renonçant même pour certaines à assister au concert.
Les forces de l'ordre appelées par les membres de l'association sont arrivées sur place et, alors qu'une dispersion s'opérait dans le calme, ont tout de même procédé à l'arrestation violente d'un camarade, après avoir menacé d'"arrêter quelqu'un au hasard".
Aujourd'hui, il est inacceptable que le public, les médias et les institutions valorisent cette association en ignorant le contexte de souffrance et d'injustice qu'elle a laissé perdurer pour une femme victime de harcèlement et d'agressions sexuelles. Lorsque des personnes ferment les yeux, leur silence a un poids et bénéficie toujours au système oppressif en place et à l'agresseur."
Communiqué du 24 novembre /2025 porté par l'AG féministe de Grenoble
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