Appel à venir soutenir le DAL et les familles en lutte occupant la Salle Rouge de Grenoble

Mardi 23 août 2022 à 18h00

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Du 5 juin au 13 juillet, l'association Droit au Logement Isère et 80 familles ont mené une "manifestation statique permanente" sur l'Esplanade Alain le Ray de la Caserne de Bonne.

L'objectif ? Interpeller les pouvoirs publics sur la crise du logement, les expulsions, les familles à la rue, les loyers en hausse, l'explosion des factures de gaz et d'électricité, le manque de logements sociaux...

Depuis le 14 juillet, le DAL Isère et les familles en lutte se sont repliés vers la Salle Rouge de Grenoble (15 rue des Arts et Métiers), avec l'accord de la Mairie de Grenoble.

Pour continuer à s'installer, le DAL et les familles appellent à venir les soutenir tous les jours de 18h à 20h.

Voici la liste des besoins urgents :

- une louche
- des bols
- des couteaux qui coupent bien
- des casseroles
- des poêles
- 1 passoire
- des tupperwares
- Des produits ménagers ( liquide vaisselle, produit lavage sol, javel...)
- un balai (manche)
- Des lampes (poches et chevet).
- Du papier toilettes
- Protections périodiques
- des éponges
- des rouleaux essuie-tout.

Pour la nourriture :

- riz
- pâtes
- Œufs
- Huile olive et tournesol
- Oignons
- Ail
- Sauce tomate
- Farine
- Sucre
- Levure
- Nouille en sachet
- Raviolis en boîte
- Viande halal
- Sardines
- Thon
- café, thé
- Lait

Pour tous les dons, envoyer un chèque à DAL 38, chez Solidaire Isère au 3 rue Federico Garcia Lorca. 38100. Grenoble. (Chèque à l'ordre du DAL 38).

Pourquoi l'installation dans la Salle Rouge de Grenoble et le départ de la Caserne de Bonne ? Voici les explications :

"Les 80 familles qui occupaient l'esplanade de la Caserne de Bonne ont levé le camp après 5 semaines de mobilisation permanente. Ce combat est comporte d'ors et déjà plusieurs avancées sur les trois fronts de la lutte que nous avons engagé :

- Concernant les expulsions : lors des rencontres avec la préfecture, les services de l'Etat se sont engagés à plusieurs reprises a faire appliquer strictement la circulaire Wargon, c'est a dire à veiller qu'aucune expulsion n'ait lieu sans proposition de relogement ou d'hébergement adapté, avec une attention particulière concernant les familles avec enfants.

De son côté, la Ville de Grenoble s'est engagée à prendre un nouvel arrêté anti expulsion dans les jours qui viennent ou à la rentrée de septembre, et de lancer un appel aux maires des autres communes à faire de même.

- Concernant les réquisitions : La préfecture a refusé, sans ordre du ministère du logement, de requisitionné le moindre logement, mais la Ville de Grenoble s'est engagé lors de sa délibération du lundi 27 juin a expérimenter un dispositif de réquisition, et de demander à ce que la Métro obtienne de l'Etat la procédure de réquisition par attributaire. Nous demandons désormais de passer des paroles aux actes !

- Concernant les conditions de vie en hébergement : la préfecture continue de nier les faits, mais le sujet est bel et bien sur la table: outre l'étude de nouvelles procédures en justice, le sénateur de l'Isère Guillaume Gontard s'est engagé à remettre un rapport au Sénat a ce sujet dans le courant de l'année, afin de faire remonter la situation au plus haut niveau de l'État.

Par ailleurs, les trois grandes associations-operateurs de l'Etat en la matière (agirhalp, Fondation Boissel et Pierre Valdo) ont enfin refusé à l'État des missions d'hébergement sans réels moyens.

Au delà de ces avancées, ce sont comme d'habitude la dignité retrouvée des familles en lutte, la détermination à toute épreuve dont elles font preuve et la solidarité extrêmement large de la population et des organisations du mouvement social qui représentent une vraie victoire, d'autant plus précieuse vu le contexte politique détestable dans lequel nous évoluons.

Néanmoins, le relogement des 80 familles n'est pas réglé, et pour cela, la lutte est loin d'être finie: nous avons fait le choix de trouver un lieu de repli [la Salle Rouge de Grenoble] en attendant la reprise du combat en septembre.

L'arrivée d'une nouvelle canicule, le ralentissement des institutions l'été voire leur fermeture et le blocage actuel des négociations avec la préfecture, qui souhaite organiser un tri humain entre les différentes familles mobilisées nous ont amené vers ce choix.

Nous osons espérer que la Ville de Grenoble n'expulsera pas cet été les familles installées là temporairement, avec la bienveillance des associations et du personnel de la structure publique que nous remercions au passage. Nous saurons évidemment rester vigilants tout l'été, et comptons une fois encore sur la solidarité et la mobilisation de toutes et tous. Le combat est long d'être fini.

Un toit c'est un droit !"

* * *

Voici l'appel initial à manifester le 5 juin dernier :

"Après la fin de la période électorale, les expulsions reprennent : des familles modestes endettées, victimes des loyers chers, vont se retrouver demain avec la police devant leur porte.

Le gouvernement refuse de geler et de baisser les loyers, refuse de stopper les expulsions. Pourtant les préfets peuvent indemniser les propriétaires afin de retarder les expulsions, et ainsi permettre aux personnes expulsables de trouver le temps nécessaire à un relogement. Mieux, les préfets peuvent ordonner la réquisition des logements vides pour les reloger !

Face à un gouvernement qui nous promet du sang et des larmes en s'alliant avec la droite et l'extrême droite, les maires des grandes villes peuvent et doivent agir : s'opposer aux expulsions sans relogement, dire que sur leur territoire, il n'y aura aucune remise à la rue !

Avec les familles de l'esplanade Caserne de Bonne, dont certaines sont menacées d'expulsion, nous manifesterons devant le conseil municipal de Grenoble pour exiger que le maire, qui a évoqué cette idée lors de la dernière séance, passe enfin des paroles aux actes !

Du courage politique et un rapport de force avec le gouvernement, voila ce qu'il faut à Grenoble et dans toutes les grandes villes gouvernées par la gauche !"

Rappelons que depuis le 5 juin, l'association Droit au Logement Isère a lancé une "manifestation statique permanente" sur l'Esplanade Alain le Ray de la Caserne de Bonne.

L'objectif ? Interpeller les pouvoirs publics sur la crise du logement, les expulsions, les familles à la rue, les loyers en hausse, l'explosion des factures de gaz et d'électricité, le manque de logements sociaux...

Voici les explications plus détaillées :