Conférence : Pour une écologie pirate (comment ancrer l'écologie dans les quartiers populaires ?)

Vendredi 24 mars 2023 à 20h00

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Dans le cadre du Mois Décolonial de Grenoble, conférence de Fatima Ouassak, autrice de Pour une écologie pirate.

En prolongement de son livre "La puissance des mères" qui faisait des mères un "nouveau sujet révolutionnaire" pour lutter contre un système capitaliste, sexiste et raciste, Fatima Ouassak poursuit la réflexion dans une perspective écologiste, féministe, internationaliste.

Car l’écologie se meurt de son incapacité à s’adresser aux classes populaires alors que ce sont elles qui subissent le plus, polluent le moins mais sont les plus stigmatisées. La politologue montre comment toute écologie politique digne de ce nom doit s’ancrer dans les conditions matérielles d’existence des familles des quartiers populaires pour proposer à la jeunesse un véritable projet de libération.

Pour faire face au désastre environnemental, les mouvements écologistes parlent de plus en plus de la nécessité d’aller chercher dans les classes populaires de nouvelles troupes, dans l’objectif d’élargir le front des luttes. Or ce livre montre que cette stratégie d’élargissement, souvent paternaliste et centrée sur le point de vue des classes moyennes blanches, est vouée à l’échec.

Fatima Ouassak propose ici une autre stratégie, débarrassée du rapport colonial vis-à-vis des populations vivant dans les quartiers populaires, rapport qui les empêche de se sentir concernées par l’écologie. La question de l’ancrage territorial (on est ici chez nous) et la question de la liberté de circuler (on est chez nous partout) sont au cœur du projet de libération défendu dans ce livre.

Questions cruciales pour des populations délégitimées et assignées à résidence de mille manières : quadrillage policier, résidentialisation (bétonnage/emmurage des espaces publics au prétexte de les « sécuriser »), pollutions (qui ont tendance à décourager la vie dans les espaces communs)… Questions, comme ce livre le montre, qui peuvent devenir le point de ralliement des luttes sociales, écologistes, féministes et antiracistes.

Pour mener à bien cette démonstration, l’autrice se met notamment à hauteur d’enfants et de leurs visions du monde – ce sont eux, les premières victimes des diverses formes de pollutions – et puise dans les imaginaires écologiques de la culture populaire, à commencer par le célèbre manga "One Piece", dont une phrase emblématique donne au livre son sous-titre.

À 20h

La Salle 150
90 Gal de l’Arlequin
38100 Grenoble

Plus d'infos ici

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Voici la présentation officielle du Mois Décolonial de Grenoble :

"Printemps arabes, Black Lives Matter, Me Too, affaire Adama Traoré, manifestations pour l’environnement, la dernière décennie est secouée par une furieuse et réjouissante envie d’en finir avec le mépris. Partout dans le monde, les peuples expriment leur désir d’émancipation, de liberté, de renouveau. Partout, cette énergie stimulante et cette dynamique salutaire sont confrontées aux postures défensives d’une minorité bien assise, arc-boutée sur ses privilèges hérités d’un autre âge.

C’est dans ce contexte que nous souhaitons proposer des espaces d’expression pour celles et ceux qui proposent une lecture différente, interrogent notre manière de faire société et luttent contre les assignations.

Au travers d’un geste artistique et une parole intellectuelle, scientifique, universitaire et citoyenne, nous porterons un regard sur un monde bouleversé par les revendications de véritables changements de paradigmes. Nous valorisons celles et ceux qui portent une parole innovante, politique, contemporaine et pertinente dans le domaine des luttes contre toutes les formes de dominations qui produisent rejets, destructions et discriminations. Domination de l’homme sur l’homme, de l’homme sur la femme, de l’Homme sur l’animal et la nature.

Pour cette troisième édition de cet évènement, nous continuerons à déconstruire l’imaginaire colonial. Cet héritage du passé qui constitue le socle d’un racisme et d’une violence encore trop prégnante dans notre société. Pour en finir avec cet héritage et construire un nouveau modèle de société plus juste, il convient de faire face à ce sujet et de nous interroger sans équivoque.

Initié par Contre Courant (association étudiante de Sciences Politiques), Mix’Arts (association culturelle et d’éducation populaire), PEPS (mouvement politique et d’éducation populaire d’écologie sociale et populaire) et Survie (association de lutte contre la françafrique), le Mois Décolonial rassemble aujourd’hui près d’une trentaine de partenaires.

Cette année, c’est près de 40 événements, à prix libre, dédiés à déconstruire l’imaginaire colonial, à Grenoble et dans l’agglomération : spectacles, débats, ateliers, conférences, concerts… on en trouve pour tous les goûts !"