Luttes : Victoire pour les "Cluzadistes"

25/10/2022
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Une première victoire pour les occupant-e-s de la ZAD de La Cluzad en Haute-Savoie : "Le tribunal administratif de Grenoble a ordonné, le 25 octobre, la suspension de l’arrêté du 20 septembre — émis par le préfet de la Haute-Savoie — qui autorisait l’aménagement d’une retenue collinaire près de la station de La Clusaz.

Ce vaste réservoir de 148 000 m³ est censé alimenter la commune en eau potable ; et fournir de l’eau pour la fabrication de neige artificielle à destination des skieurs.

Depuis le 24 septembre, les "Cluzadistes" occupaient illégalement le bois de la Colombière, situé sur le plateau de Beauregard au-dessus de La Clusaz, pour empêcher sa destruction. Ils espéraient tenir jusqu’au 30 novembre, date à laquelle les bulldozers n’auraient plus pu défricher le bois, car un arrêté de préservation de cinquante-huit espèces y empêche tous travaux après cette date."

Pour en savoir plus : https://reporterre.net/Un-soulagement-la-zad-de-La-Clusaz-fait-suspendre-les-travaux

Pour lire le jugement du tribunal administratif de Grenoble, c'est ici.

Voici également le communiqué de Mountain Wilderness :

"Le juge du tribunal administratif de Grenoble a rendu son verdict. Il ordonne, en référé, la suspension de l'autorisation de la retenue d'altitude sur le plateau de Beauregard à la Clusaz. La décision est claire : « l'intérêt public qui découle de la réalisation d'une retenue collinaire essentiellement destinée à assurer l'enneigement artificiel de la station est insuffisant à remettre en cause l'urgence qui tient à la préservation du milieu naturel et des espèces qu'il abrite. »

Le signal envoyé aux communes et stations de montagne est sans appel. La production de neige artificielle pour gagner quelques années sur le changement climatique et prolonger le modèle du "tout ski" ne peut pas justifier la destruction d'habitats, d'espaces naturels et d'espèces protégées.

C'est un soulagement pour l'ensemble des associations, collectifs et habitants investis depuis deux ans contre ce projet, alors que les travaux étaient imminents. Le dossier pourra maintenant être étudié en détail par la justice, afin d'aboutir à un jugement au fond sur l'ensemble des points contestés par les associations.

Ce projet de retenue d'altitude incarne la maladaptation des territoires de montagne au changement climatique. Miser uniquement sur un prélèvement accru de la ressource en eau pour faire perdurer le loisir du ski sans rechercher de solutions alternatives, le tout en sacrifiant zones humides, faune, flore et espaces d'exception dont la destruction est irréversible et inacceptable.

Cette pause doit être l'occasion d'ouvrir le débat nécessaire et urgent autour de l'avenir de nos territoires de montagne et de la ressource en eau, avec l'ensemble des acteurs : élus, citoyens, associations, entreprises, monde agricole, administrations territoriales.

Ces projets sont source de divisions, de conflits et, compte-tenu de leurs coûts financiers et écologiques, ne peuvent plus faire l'économie d'une réelle concertation démocratique en amont de leur conception.

Mountain Wilderness France rappelle la nécessité de porter un moratoire sur de nouveaux aménagements en montagne, qui sont parmi les derniers espaces sauvages de la planète."

Photo et sources : Reporterre